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Marcelle Rivier "parcours d'une femme"
Vernissage le 6 juillet 2019 à partir de 17 heures à l’église Ste Foy.
L’exposition sera ouverte du 7 juillet au 15 septembre tous les jours de 11h à 19 h.


Nombre de Mirmandais se souviennent de la frêle silhouette de Marcelle, du sourire qui plissait son visage,  de la cigarette qui ne la quittait pas,  de sa bienveillance, de sa présence si forte et pourtant si discrète.  Jusqu’à la fin de sa vie, en 1986, sa personnalité  marqua le village.
Quand Marcelle Rivier arrive à Mirmande  en 1932 avec les membres de l’académie d’été du peintre André  Lhote, les villageois sont scandalisés par  ces artistes modernes et libres qui font la fête,  fument, se baignent nus dans la Teyssonne…
Passée la surprise, dépassées la méfiance et les conventions, le groupe s’intègre. Le village deviendra le rendez-vous d’été de nombreux artistes dont Marcelle fût très proche, parmi lesquels Fedor Loevenstein, Joseph Lacasse, Alexandre Garbell et Gustav Bolin.
Séduite par le charme de Mirmande, la jeune femme s’y installe en 1939. Elle occupe une pièce de la maison prêtée par la famille Coutrot, où s’installe  également Blanche Husek, une autre élève de Lhote.
« Je vis dans un village qui est un univers. Je vis dans un univers qui est un village »
C’est ainsi que Marcelle la baroudeuse, la touche à tout, élevée dans un couvent en Argentine, puis vendeuse dans une galerie d’art à Buenos Aires, modèle, danseuse de music- hall, habitante de New York et de Londres, résumera Mirmande.
L’entrée en Résistance
Les années de guerre mettront sa vie de peintre entre parenthèses. Marcelle s’engage dans la résistance. Elle fait parti de Réseau Buckmaster des Forces Françaises Combattantes avec Charles Caillet.
Agent de liaison, elle sillonne le sud de la Drôme à vélo, transportant  des messages à Die, Dieulefit et parfois au-delà.
Elle cache juifs et résistants avec la complicité d’autres artistes dont Mena Loopuyt. Un poste de transmission est installé dans la tour de sa maison.
Elle travaille avec Pierre de St Prix, préfet de la Résistance et premier préfet de la Drôme  à la libération. Une amitié indéfectible la liera à lui et à son épouse Monique.
En 1945, La Croix de Guerre récompensera un engagement dont elle parlait peu.
Marcelle, la villageoise
Après la guerre,  la vie reprend son cours à Mirmande.  Marcelle écrit pour les villageois des pièces de théâtre dont elle dirige les représentations.
Elle immortalise de son pinceau des scènes de la vie mirmandaise, fait le portrait des habitants. Nous sommes loin de la défiance des années 30, l’artiste est depuis longtemps adoptée.
D’un  périple de 5000 km en Guinée en 1951, elle rapportera des croquis qui deviendront, dans l’ombre de son atelier mirmandais, des toiles lumineuses. « J’ai ramené d’Afrique les couleurs dont j’avais besoin » reconnaîtra l’artiste.
Pourtant la vie n’est pas  toujours facile. Marcelle n’est pas riche et doit parfois choisir entre un repas ou l’achat de couleurs.
Elle entre au matin dans son atelier et n’en sort qu’en fin de journée pour une promenade. Les villageois qui la rencontrent lui offrent quelques pommes de terre, quelques fruits ou une invitation à partager leur souper.
Cette amitié protectrice soutiendra Marcelle qui n’oubliera jamais cette générosité.
 
En 1973, la rencontre avec Bernard et Danielle Sapet offrira à l’artiste une nouvelle aisance. En effet, le couple de galeristes séduit par sa peinture relance pour elle le circuit des expositions.
 
« Les Paysages sont trop loin de moi »

 
Depuis 1956, Marcelle  ne peint plus sur le motif.  Elle ramène de ses sorties de multiples croquis. Sa mémoire, la force de son trait, changeront les esquisses en paysages puissants.
L’intimité de son atelier, la complicité d’un face à face avec ses modèles conviennent à l’artiste qui peint  de nombreux portraits et  natures-mortes.
« Je veux le tactile, l’odeur… le charnel des choses… J’ai besoin de m’approcher, les paysages sont parfois trop loin de moi » confiera-t-elle à ceux qui l’interrogent, reconnaissant  de toile en toile les objets de son quotidien, toujours répétés, pichets, théière, bols, dessous de plat  et bouteilles,  dont seules les couleurs changent.
Une fenêtre ouverte, la terrasse que l’on devine, le bouquet planté dans un vase sur un coin de table, font entrer la nature et la lumière dans le chaleureux cocon de l’atelier.

Le temps des hommages

L’année de sa disparition en  1986 et pour le centième anniversaire de sa naissance en 2006,  Mirmande a rendu hommage à Marcelle Rivier à travers des expositions à l’église Ste Foy et à la galerie Sapet.
A l’écrivain et journaliste Claude Boncompain, qui s’étonnait qu’elle n’expose pas davantage, Marcelle Rivier   répondait «  L ‘important c’est de créer. Quand au reste, le monde entier passe à Mirmande »
Puisse le monde entier être au rendez-vous donné cet été à Mirmande à tous les admirateurs de l’artiste et  de sa peinture !

 
 


Ressac exposition du 25 mai au 23 juin,
de Mt. Simone
église Sainte Foy
ouvert tlj de 11h à 19h
 
"Sur le rocher, dans l’église, seule au milieu, une boule pendulait. Et puis c’est tout."
L’exposition « RESSAC » est une installation minimaliste : un pendule doré arrimé à la voute de l’église est un clin d’œil  au pendule de Foucault ; objet découvert par Léon Foucault au 19ème siècle pour mettre en évidence la rotation de la terre. Le balancement de la sphère est rythmée par le son d’une vague : ressac des marées directement influencé par l’attraction lunaire.
Volonté d’interagir de manière épurée sur l’esthétique et la symbolique de l’église. Il y a un mystère dans la mécanique, simple en apparence, du pendule de foucault : son axe d’oscillation est fixe dans l’univers, mais personne ne sait  par rapport à quoi. Il est une interrogation métaphysique: c’est « inutile » mais profondément apaisant…
Pour contraster avec le caractère « feel good» de l’installation, cette exposition est accompagnée d’un texte, réflexion métaphorique déjantée, teintée humour noir sur notre époque et notre civilisation.
Texte à consommer sur place ou à emporter.
Anagrammes de ressac : sacres, casser.
Mt Simone vit à Mirmande, domaine de prédilection : installations immergeantes. Le thème de l’eau y est récurrent.
 
Loi de l’attraction oblige, le pendule s’arrête; quelqu’un viendra relancer le mouvement au hasard de la journée…                                                                                             




                                                                                                                                                                       Mt. Simone